En attendant Copenhague 3/4 : Les modalités d’un accord

A mon sens, on serait en droit d’attendre que le Sommet de Copenhague soit d’une exceptionnelle importance car s’inscrivant dans une prise de conscience mondiale de l’imminence de la crise écologique.

L’objectif idéal que je pourrais formuler serait d’obtenir des engagements juridiquement contraignants dans le cadre d’un traité, des objectifs chiffrés globaux et pas seulement une somme d’objectifs nationaux (« volontaires », « unilatéraux » et « non contraignants »), fixés par les Etats eux-mêmes dans le cadre d’un simple accord politique. Il faut renforcer cette dimension multilatérale et contraignante, qui existait déjà dans le protocole de Kyoto mais qui, en l’absence de sanction, était limitée.

En fait,  ce qui se joue est donc bien une certaine conception de la gouvernance mondiale sur un enjeu qui engage à terme la survie même de l’espèce humaine.

Les modalités financières

Cet accord devrait non seulement être ambitieux en termes d’objectifs, mais aussi équitable. L’un de ses éléments clés sera effectivement les mesures prises pour aider les nations en développement à réduire ces émissions et à faire face aux conséquences du réchauffement comme les inondations et les sécheresses. Le rapport 2010 de la Banque mondiale rappelle que ces dernières risquent de subir plus de 75 % des dommages provoqués par le changement climatique Sans engagements il ne pourrait y avoir de mécanisme de financement pour les aider alors qu’elles ont des besoins chiffrés entre 100 et 160 milliards d’euros par an.

Reste à résoudre la question suivante : combien d’argent les vieux pays industrialisés sont-ils prêts à débourser pour les aider ?

La Chine et le G77 continuent de réclamer la création d’un fonds alimenté chaque année par des contributions obligatoires des pays développés à hauteur de 0,5 % à 1 % de leur produit intérieur brut, soit une enveloppe estimée entre 135 et 270 milliards d’euros. Les pays du Nord jugent irréaliste cette demande. Touchés par la récession et un taux de chômage parfois supérieur à 10%, ils ne tiennent guère à faire des promesses trop ambitieuses dans ces négociations.

Ainsi la Commission européenne, qui avait pourtant chiffré l’aide pour les pays les plus pauvres à 100 milliards d’euros par an entre 2013 et 2020 a-t-elle évalué la contribution de l’Union européenne à cet effort entre 2 et 15 milliards d’euros par an, très loin des 35 milliards réclamés par les associations de défense de l’environnement, de la part respectivement de l’Union européenne et des Etats-Unis.

Certains acteurs, comme le gouvernement français, proposent un nouveau mécanisme de « financement innovant ». Reprenant l’idée de taxe Tobin sur les transactions financières dans son plan « justice-climat », il propose ainsi une taxe portée à 0,01 % des transactions financières, qui rapporterait entre 30 et 32  milliards d’euros par an.

D’autres, dont la France, proposent d’instaurer une taxe carbone aux frontières. Les pays ayant adopté des mesures rigoureuses sur l’environnement taxeraient ainsi les produits importés des pays n’appliquant pas de telles mesures. La Chine, cela va de soi, s’oppose vigoureusement à cette idée, qu’Européens et Américains ne soutiennent que prudemment.

D’autres encore essaient de dépasser le concept d’aides financières sur fonds publics, constatant que depuis des années, les États du Nord peinent déjà à tenir leurs promesses en matière d’aide publique au développement. Ils proposent ainsi d’accorder en guise de compensation aux pays en développement une allocation très généreuse de permis d’émissions dans le cadre d’un système reposant sur un marché du carbone à l’échelle mondiale.

La question de la gouvernance et du modèle économique

Si l’équité implique de faire payer les émissions de gaz à effet de serre aux émetteurs et de redistribuer de façon équitable les ressources créées, la solidarité face au danger climatique implique d’accepter dans l’absolu d’inscrire de nouvelles stratégies économiques « sobres en carbone » dans le cadre d’un accord international, avec l’approbation d’un organe extérieur ; or le problème est que les Etats ne veulent pas se laisser dicter leurs choix. Espérons pourtant que nous évoluerons vers ce genre d’organisation pour une meilleure définition des objectifs et une coordination des actions au niveau mondial face à l’urgence climatique.

In fine, un accord sur les changements climatiques ne devra pas seulement limiter les émissions de gaz carbonique; il devra aussi offrir une voie sûre vers le développement durable. Il devra nous aider à répondre à la question de savoir comment nous pourrons continuer à nous développer dans les décennies à venir sans compromettre l’existence de notre planète. La mise au point de techniques énergétiques propres couplée à un réajustement de notre modèle de développement constitue la seule solution viable. Pour faciliter cette tâche, les pays dotés de capacités avancées doivent être prêts à les développer et à les disséminer dans les pays qui en ont besoin.

Menée de façon coopérative, la transition vers des économies sobres en carbone serait un moteur puissant de croissance, générateur de nouveaux investissements et d’emplois. C’est même le seul scénario de croissance viable à long terme, car la crise climatique n’est pas une crise isolée déconnectée de nos choix de développements économiques passés, aujourd’hui dépassés.

 L’état de l’opinion publique

L’opinion publique a beaucoup évolué sur ces questions au cours des dernières années et attend beaucoup de ce Sommet, surtout en Europe et dans les pays du Sud. Ainsi selon l’Observatoire annuel HSBC de la confiance climatique, « près des deux tiers (65 %) des personnes interrogées dans le monde jugent qu’un nouvel accord international de réduction des émissions polluantes est très important » (avec 86 % des Brésiliens et 73 % des Français, contre seulement 45 % des Américains). Une autre étude, réalisée dans les cinq plus grands pays européens (Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et Espagne) et aux Etats-Unis par Harris Interactive pour le Financial Times, montre aussi que les Européens se préoccupent plus du changement climatique que les Américains (plus de 63% en Allemagne, France, Italie et Espagne contre 45% aux Etats-Unis).

 Si des progrès restent cependant à faire en matière de sensibilisation des populations à ces questions, on ne peut qu’attendre du Sommet de Copenhague qu’il incarne un tournant dans la prise de conscience écologique de la population mondiale.

En attendant Copenhague 2/4 : Les engagements et les promesses

Dans mon précédent billet, je rappelais que selon le GIEC, pour limiter la hausse des températures à 2°C, les pays développés devraient réduire de 25 % à 40 % leurs émissions d’ici à 2020. En fait, il préconise aussi que les pays en développement infléchissent de 15 % à 30 % la trajectoire de leurs émissions.

Les objectifs ainsi formulés différemment pour les uns et les autres sont aussi difficilement comparables

Le plus grand défi sera d’inverser la courbe des émissions mondiales au cours de cette décennie. L’enjeu est énorme, sachant que les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de 30 % entre 2000 et 2008. S’il est évident que ce sont les pays industrialisés qui sont historiquement responsables de l’accumulation dans l’atmosphère de gaz à effet de serre (20 % de la population mondiale en a ainsi émis 80 % ), on estime qu’en 2030 deux tiers des émissions polluantes globales proviendront des pays émergents.

Alors que le découragement était visible à l’issue du Sommet mondial sur le climat qui s’est tenu le 22 septembre à New York (il était alors inenvisageable que les pays émergents prennent des engagements tant que les Etats-Unis, premier émetteur, de GES avec la Chine, ne montreraient pas la voie avec des objectifs crédibles), une série de prises d’engagements par les principaux pays a commencé à redonner espoir quant à l’issue du prochain Sommet de Copenhague.

Voici un tour d’horizon des pré-engagements des principaux pays participants :

CHINE :

Jusqu’à présent, les pays en développement regroupés au sein du G77, ainsi que la Chine, faisaient bloc pour refuser toute forme d’engagement, considérant que seuls les pays développés, responsables historiques du réchauffement, se devaient d’endosser des objectifs contraignants.

La Chine a évolué dans cette position, s’engageant d’abord à réduire « de façon notable » l’ intensité carbonique (la quantité de gaz à effet de serre émise par point de PIB de sa croissance économique) d’ici à 2020, sans précisions chiffrées. En parlant non pas de réduction globale mais de réduction des émissions par point de pourcentage du PIB, la Chine soulignait que sa priorité restait le maintien de la croissance économique.

La Chine a finalement annoncé la semaine dernière qu’elle réduirait l’intensité carbonique de 40 % à 45 % d’ici à 2020 par rapport à 2005, présentant ces objectifs désormais chiffrés comme une « action volontaire prise par le gouvernement chinois en fonction des conditions du pays et une contribution importante aux efforts mondiaux pour lutter contre le changement climatique ».

BRESIL :

Le Brésil envisage d’infléchir la courbe de ses émissions de CO2 d’ici à 2020 de 36,1 % à 38,9 % par rapport à la tendance actuelle de ses émissions. La tâche serait plus facile pour les grands Etats forestiers comme le Brésil, qui peuvent afficher des performances remarquables en termes de réduction des GES en limitant la déforestation.

INDE :

Parmi les grands pays émergents, l’Inde est celui qui n’a pas encore annoncé des objectifs chiffrés de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. La récente annonce de la Chine a renforcé la pression sur New Delhi, qui devrait désormais calquer son initiative sur elle, à savoir un engagement exclusivement sur une réduction de l’intensité carbone de son activité économique. Certains spécialistes pensent qu’elle pourrait proposer une baisse de 20 % à 25 % de l’intensité carbone » à l’échéance 2020 (par rapport à 2005), contre les 40 % à 45 % consentis par la Chine.

AUTRES PAYS D’ASIE :

Japon : il s’engage à réduire de 25 % d’ici 2020 ses émissions de GES.

Corée du Sud : elle va réduire de 30 % d’ici 2020 les émissions de GES de ses entreprises. N’étant pas inscrite à l’Annexe 1 du protocole de Kyoto, elle n’était pas obligée de présenter un objectif de réduction des émissions de CO2. Cet engagement équivaut à une réduction de 4 % des émissions de gaz par rapport à 2005.

Indonésie : objectif de réduction de 26 % d’émissions d’ici à 2020 par rapport à la dynamique actuelle.

ETATS-UNIS :

Les Etats-Unis ont longtemps refusé tout objectif contraignant de réduction des gaz à effet de serre, estimant que cela pénaliserait leur croissance économique par rapport à des pays en développement comme la Chine et l’Inde qui ne sont pas soumis à des objectifs chiffrés dans le protocole de Kyoto.

L’administration Obama a annoncé des objectifs de réduction d’émissions polluantes : 17 % de réduction des émissions de GES d’ici à 2020 par rapport à 2005 (environ 4 % par rapport à 1990, l’année de référence prise par l’ONU), puis de 30 % d’ici à 2025 et 42% d’ici à 2030. Avec une réduction des émissions de 4 % en 2020 par rapport à 1990, les Etats-Unis sont très loin de la fourchette donnée par les scientifiques, à savoir des réductions pour les pays industrialisés de 25 à 40 %.

En se référant à 2005 et non à 1990, l’administration Obama est accusée de cacher le manque d’ambition des objectifs de réduction pour le deuxieme pays émetteur de GES de la planète. Cette annonce a cependant pour mérite de permettre a priori d’éviter le même scénario que pour le protocole de Kyoto, signé par les Etats-Unis mais jamais ratifié.

Le Congrès américain discute actuellement d’un projet de loi sur l’énergie et la réduction des émissions de GES, qui a très peu de chances d’être adopté avant la conférence de Copenhague compte tenu de l’opposition de la minorité républicaine, mais sur laquelle le président Obama souhaiterait idéalement s’appuyer pour les négociations.

EUROPE :

L’UE s’est engagée à réduire ses émissions de 20% par rapport à leurs niveaux de 1990 en 2020 et de porter cet effort à 30% en cas d’accord international imposant des efforts similaires aux autres pays développés.

L’UE-15 devrait déjà pouvoir se targuer d’avoir tenu, voire dépassé, ses engagements pris à Kyoto et atteindre donc son objectif de 8% de réduction en 2012 par rapport à 1990.

Cinq pays (France, Allemagne, Grèce, Suède, Royaume-Uni) ont déjà atteint en 2008 l’objectif de 2012. Tout comme 9 des nouveaux Etats membres (Bulgarie, République tchèque, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie, Slovaquie).

En 2008, les émissions de l’UE ont décliné pour la quatrième année consécutive, au plus bas niveau depuis 1990, avec un peu plus de 5 milliards de tonnes d’équivalent CO2. Les émissions de l’Union comptent maintenant pour 11 à 12% du total mondial.

PAYS AFRICAINS :

Le continent, responsable de 4% à peine des émissions mondiales de gaz à effet de serre, compte parmi les régions du monde les plus vulnérables au changement climatique qui se traduira pour lui par une extension de la désertification, des sécheresses et de graves pénuries d’eau et de récoltes.

Très concernés, les délégués africains aux négociations de Barcelone (les dernières avant le rendez-vous de Copenhague) avaient d’ailleurs suspendu un temps leur participation aux discussions, tant que les pays industrialisés n’annonceraient pas des engagements chiffrés de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, d’au moins 40% » en 2020 par rapport à 1990, les  accusant clairement de ne pas prendre les pourparlers suffisamment au sérieux.

EN CONCLUSION :

La volonté de changement que manifestent désormais concrètement les principaux pays émetteurs de GES, avec l’annonce d’objectifs chiffrés plus ambitieux que ceux de Kyoto (même s’ils restent largement en-dessous de ceux préconisés par le GIEC), doit s’accompagner d’un encouragement pour les pays en développement à les suivre dans cette voie, en leur proposant à l’occasion du Sommet de Copenhague à la fois une réduction des émissions, une coopération technologique et un soutien financier cohérent, tant du point de vue des sources de financement, des montants et de la gouvernance.

En attendant Copenhague 1/4 : Pourquoi est-il indispensable de trouver un accord ?

Le protocole de Kyoto, signé en 1997, et entré en vigueur en 2005, oblige les pays industrialisés (36 au total)  - sauf les Etats-Unis qui ne l’ont pas ratifié – de réduire d’ici 2012 leurs émissions de gaz à effet de serre de 5,2 % par rapport à 1990. Il ne prévoit aucune contrainte pour les pays en développement, faisant porter les efforts sur les seuls pays industrialisés, historiquement les plus gros émetteurs, et partageant ainsi clairement la planète en deux : les pays riches et les plus pauvres.

 L’enjeu des négociations actuelles est de parvenir à un accord pour l’après- 2012. Il n’aura de sens que si les Etats-Unis et la Chine, désormais premier émetteur de CO, y participent activement, si on implique aussi les autres pays émergents (Inde, Brésil…), si ses objectifs sont beaucoup plus ambitieux que ceux du précédent et qu’on y décide des mécanismes qui permettront d’atteindre ces objectifs. La conférence de Copenhague (7-8 décembre 2009) sur le changement climatique est un moment clé, une étape à ne pas manquer, mais il y aura d’autres rendez-vous. Cette conférence porte surtout la responsabilité de constituer un signal fort des gouvernants prouvant leur prise en compte d’un enjeu majeur pour la planète.

 Effectivement, selon les scientifiques du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat de l’ONU, qui rassemble les travaux de plus de 800 chercheurs, révisés par plus de 2 500 de leurs pairs, de 130 pays, et dont les rapports sont validés par les gouvernements, donc soumis au consensus), les pays les plus avancés devraient réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 25 à 40% par rapport aux niveaux de 1990 pour avoir au moins l’espoir d’empêcher que le réchauffement de la planète dépasse les deux degrés Celsius. Les prévisions du GIEC anticipent une hausse des températures comprises entre 1,1 °C et 6,4 °C à la fin de notre siècle par rapport à la période préindustrielle.

 Les gaz à effet de serre (GES) sont essentiellement le dioxyde de carbone (CO2, 76,7 % des émissions mondiales), le méthane (CH4, 14,3 %) et le protoxyde d’azote (N2O, 7,9 %).

 Un rapport du World Wildlife Fund (WWF) paru en septembre dernier et les conclusions du comité scientifique du « Congrès scientifique mondial sur le changement climatique » réuni en mars 2009 ont confirmé  que le pire des scénarios du GIEC était en train de se réaliser. Selon plusieurs experts, les changements climatiques se font sentir beaucoup plus rapidement que les estimations avancées il y a deux ans, les émissions ayant continué d’augmenter fortement et le système climatique évoluant d’ores et déjà « en dehors des variations naturelles à l’intérieur desquelles nos sociétés et nos économies se sont construites « . Ils visaient à mettre à jour le travail du GIEC, qui s’était réuni en 2007 en vue de la conférence de Copenhague, avec des données datant pour les plus récentes de 2005, et dont le prochain rapport, compte tenu de la lourdeur de l’organisation, ne paraîtra pas avant 2014.

 On constate particulièrement dans l’Arctique le fait que les prévisions du GIEC sont dépassées :

 -  on croyait alors que la glace pluri-annuelle disparaîtrait de moitié d’ici 2050 mais le phénomène s’est produit dès 2007

 -  les hydrates de méthane, ce méthane sous-terrain aurait récemment été aperçu faisant surface sur le territoire russe de l’Arctique.  Présente dans les molécules de glace, cette forme de méthane (un gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le dioxide de carbone), a été jusqu’à présent maintenue hors de l’atmosphère par le froid et la haute pression ; les experts estiment que si elle venait à être relâchée, elle deviendrait le plus grand facteur des changements climatiques dans le monde.

 - Les niveaux des mers sont également de plus en plus touchés par les changements climatiques dans l’Arctique. En 2007, les scientifiques ne savaient pas si la calotte polaire du Groenland rétrécissait. Or ils savent désormais que c’est le cas. Et ce rythme s’accélère. La glace de l’Antarctique fond, toujours selon le rapport, presque au même rythme.

Les chercheurs ont multiplié par six leurs prévisions quant à l’augmentation du niveau de la mer. Il serait de 1,2 mètre d’ici 2100, contre les 59 centimètres avancés par le GIEC en 2007.

 Plus généralement selon certains experts, « l’impact du réchauffement est plus précoce et plus rapide que prévu ».

 Ainsi  les écosystèmes stockent 25 % des émissions mondiales de carbone, et le risque est que cette capacité de stockage ne culmine en 2050, avant que les écosystèmes fragilisés par le réchauffement ne se mettent à leur tour à relâcher du CO2 dans l’atmosphère, aggravant ainsi le phénomène.

 Les scientifiques considèrent qu’il n’existe pas de grosses incertitudes sur ce qui risque d’arriver à notre planète et qu’ayant fait leur travail, c’est au tour des politiques maintenant d’agir de manière volontaire.

Vive les écoquartiers !

 En 2007, je rencontrais Philippe Bovet journaliste et trésorier de l’association les amis de l’Ecozac. Cette association œuvre pour mettre en œuvre de véritables quartiers durables, pensant non seulement la vie quotidienne dans et autour des bâtiments mais aussi les déplacements quotidiens. 

 

J’ai longuement discuté avec les membres de l’association car le sujet, vous le comprendrez m’interesse au plus au point. A l’époque, je faisais visiter la zone à diverses personnes dont Quitterie Delmas pour laquelle je travaillais.

 Depuis cette période le concept d’Ecoquartiers à évolué et je souhaitais faire une petite synthèse :

Les projets de quartiers durables ou d’éco-quartiers se multiplient en France. En moins de deux ans, de nombreuses communes se sont effectivement lancées dans la création de quartiers verts. Il y a des villes pionnières comme Lyon, Grenoble ou Dunkerque, mais aussi d’autres métropoles comme Lille, Nice, Bordeaux, Nantes, Strasbourg, Rennes… ainsi que des villes plus modestes comme Angers, Auxerre, Saint-Etienne, Saint-Jean-de-Luz, l’Ile-Saint-Denis, Bussy-Saint-Georges, Limeil-Brévannes, Béthune…A Paris il y a les projets d’Ecozac à Rungis et aux Batignolles, portés par des associations.

Qu’est-ce qu’un écoquartier ?

Un écoquartier est un espace de vie construit ou aménagé selon des critères environnementaux, économiques et sociaux. Plus précisément :

Environnement : constructions construites avec des matériaux naturels, qui se veulent  peu consommatrices en énergie, intégrant la gestion des déchets et la réduction de la consommation d’eau, moyens de transports « doux » et en commun privilégiés, cadre de vie qui se veut agréable, avec des espaces verts respectant la biodiversité.

Social : promotion de la mixité sociale, non-enfermement de type ghetto.

Économie : développement d’emplois et d’activités, de services collectifs sur place, afin d’éviter la cité-dortoir.

Gouvernance : développement de la gouvernance avec la participation des habitants aux décisions, depuis la conception.

Les critères peuvent varier, mais ils font presque toujours référence à ceux de l’accord européen de Bristol sur les  « communautés durables » (2005) :

Des exemples

Pour l’instant, aucun exemple n’est achevé dans notre pays (le projet le plus avancé est « Grand Large » à Dunkerque), mais les élus regardent ce qui s’est fait à l’étranger (surtout en Europe du Nord) pour essayer de rattraper le retard français.

Le quartier Vauban à Fribourg

Un des écoquartiers les plus visités et les plus anciens au monde est le quartier Vauban (plus de 5000 habitants pour 2000 logements), dans la ville de Fribourg en Allemagne aménagé entre 1996 et 2006 sur un ancien terrain militaire de 38 hectares.

Ce projet a été fait avec une forte volonté de limiter la consommation d’espaces, de consommer très peu d’énergie, développer les énergies renouvelables, réduire les émissions de gaz à effet de serre, limiter l’imperméabilisation du sol.

 Les habitants ont été fortement impliqués dans sa conception via des « groupes de construction ». Les futurs propriétaires ont ainsi pu imaginer ensemble l’organisation de leur îlot ou de leur immeuble avant de transmettre leur projet à un maître d’oeuvre. Cette collaboration a engendré aussi des réductions de coûts de construction grâce à des économies d’échelle, avec la mise en commun de certains équipements comme l’approvisionnement en énergie solaire et le chauffage. Une association privée et démocratique,  « Forum Vauban », a également été créée pour renforcer les liens entre les habitants.

 Certaines maisons sont dites à énergies positives c’est-à-dire que, munies entre autres de panneaux solaires, elles produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment. Les autres bâtiments utilisent des toitures végétalisées ou encore une exposition optimisée à la chaleur solaire.

 Le surcoût de construction d’environ 7 % de ces logements par rapport à un immeuble « normal » est vite compensé par les économies d’énergies réalisées. L’eau de pluie est quant à elle drainée dans des fossés remplis de sable ou de graviers. Certains particuliers la récupèrent pour l’alimentation des chasses d’eau ou l’arrosage de leur jardin.

 Il y a aussi abondance d’espaces verts et une place minimale est laissée aux voitures qui ne peuvent pas circuler à plus de 5 km/h dans les rues. Seul un quart des logements dispose d’un garage privé. Pour les autres habitations, 2 parkings-silos ont été construits aux entrées du quartier. Et une ligne de tramway relie ce quartier au centre-ville. Du coup, 40 % des résidents de Vauban ne possèdent pas d’automobile. On y circule essentiellement en vélo.

 Vauban génère aujourd’hui deux fois moins de CO2 qu’un quartier « normal » et la consommation énergétique de ses logements est trois fois inférieure à celle enregistrée en France. Fort de ce succès, Fribourg a créé un deuxième écoquartier, Riesenfeld.

 Le quartier BedZed (Beddington Zero Energy Development), au sud de Londres

 

Le premier quartier écologique de Grande-Bretagne a été crée en 2000 dans la ville de Sutton, au sud- ouest de Londres sur une superficie de 1,7 hectares. Ce prototype en matière d’empreinte écologique et de réduction de gaz à effet de serre a réussi à diminuer son empreinte écologique de 50 %. Pour donner un ordre de grandeur, comparativement à des habitations classiques, le chauffage est réduit de 90 %, la consommation totale énergétique de 70 %, et le volume des déchets de 75 %.

 Le quartier a été conçu dans sa globalité et non d’un simple point de vue urbanistique, en anticipant les flux générés par l’organisation spatiale du quartier où se mêlent différents usages. On y trouve 100 logements dont un tiers sociaux, ainsi que des bureaux, des commerces et des infrastructures multiples (collège, crèche, terrain de sport, café, centre médico-social), abrités dans 7 bâtiments construits en bois, en verre et présentant des jardins suspendus. Les besoins des usagers en matière de transports, d’eau, d’alimentation, d’énergie et de déchets produits furent évalués au préalable.

 Les concepteurs de BedZed ont retenu dix critères : un bilan carbone nul, l’absence de déchets produits, des transports durables, l’utilisation de matériaux de construction durables et locaux, une utilisation économe en eau, la protection de la biodiversité, le commerce équitable, la santé et le bien-être, la protection et le respect de la culture du lieu.

 Plus de la moitié des logements ont été réservés pour des familles à faibles revenus, et les habitations ont été vendues à un prix égalant ceux du marché traditionnel, le surcoût de certaines installations étant comblées par les revenus fournis par les activités de commerces et de bureaux.

 Autres écoquartiers : Hammarby Sjöstad à Stockholm et Bo01 à Malmö en Suède, Kronsberg à Hanovre, GWL Terrein à Amsterdam et Lanxmeer à Culemborg, Apeldoorn aux Pays-Bas ou Vesterbro  à Copenhague,  Hedebygade au Danemark, Bâle en Suisse, Wolfurt en Autriche…

 Initiatives en France

 Une des directives du Grenelle de l’environnement précise que d’ici à 2012 «  au moins un éco-quartier devrait voir le jour dans toutes les communes dotées de programmes significatifs de développement d’habitat  ». Pour encourager leur éclosion le ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire (Meddat) a lancé fin 2008 le concours « EcoQuartiers ».

 Un an plus tard ce sont 160 candidatures qui ont été reçues de collectivités de toutes tailles, dont une quarantaine a fait l’objet d’études fouillées et témoignent d’une prise en compte du développement durable dans toutes ses composantes. Elles ont été jugées selon 7 critères : la gestion de l’eau, celle des déchets, la biodiversité, la mobilité, la sobriété énergétique, la densité et l’éco-construction.

Le grand prix du palmarès « EcoQuartiers » 2009 a été remis à la ville de Grenoble pour l’aménagement de l’ancienne caserne de Bonne.  Sur les 8,5 hectares de terrain (850 logements), 5 hectares de parcs publics et de jardins de pleine terre seront aménagés. L’isolation des bâtiments sera particulièrement soignée, ils seront dotés de terrasses végétalisées pour mieux conserver la chaleur l’hiver et la fraîcheur l’été, tandis qu’une centrale photovoltaïque permettant de produire 100 MWh par an sera installée.

 En-dehors de ce cadre bon nombre de réalisations en France se baptisent trop vite «  vertes  ». Selon les spécialistes, aucune définition ne les réglemente et cela tourne parfois à l’auto-déclaration et à l’autopromotion, certains maires utilisant la construction de prétendus  » éco-quartiers dans ce but (il y a des subventions à la clé, c’est politiquement payant et ça attire l’attention des médias) sans suivre une véritable démarche de développement durable.

Quelques remarques sur le fond

Plus largement, la réalisation d’un quartier durable ne se résume pas à la construction côte à côte de bâtiments économes en énergie et bardés de normes. L’essentiel est bien de penser la ville, de réfléchir à la démarche de conception urbaine, plus stratégique que la performance énergétique des édifices.

 Le développement durable doit s’appuyer sur deux autres piliers tout aussi importants : l’économie et le social. Pour créer un véritable éco-quartier, il faut une démarche de projet reposant sur un diagnostic et des objectifs portant sur les trois piliers. Mais l’économie et le social ne se règlent pas à l’échelle du quartier. C’est pourquoi un éco-quartier ne peut marcher que dans une stratégie à l’échelle de la ville.

 De plus, les élus aiment inaugurer de belles réalisations, c’est pourquoi ils privilégient le neuf sur des terrains en friche. Or l’enjeu majeur, c’est la réhabilitation de la ville existante. A quand des éco-quartiers dans des vieux secteurs de la ville ?

 Autre écueil déjà constaté dans certains écoquartiers à l’étranger : la création de «  ghettos » de riches. Largement subventionnées par leur ville, des opérations pilotes ont été tellement coûteuses que les logements n’ont pu être achetés que par des «  bobos écolos  ».

 Des exemples moins connus car aux effets moins spectaculaires comme Breda aux Pays-Bas, Vancouver ou Seattle en Amérique du Nord ont su définir une autre politique fondée sur la densité, la mobilité et la mixité plus que sur le  » zéro énergie  » à l’échelle du bâti. A Breda, la stratégie vise la mixité sociale et intergénérationnelle au travers d’un habitat dense et économe en énergie. A Vancouver est mis en avant le concept d’écodensité, qui associe à la densité une triple exigence d’écologie, de qualité de la vie quotidienne et de logement abordable pour tous.

 Une source de satisfaction cependant sur la partie purement technique : il y a un effet d’entraînement car beaucoup de rénovations d’immeubles se font désormais selon des critères en vigueur dans les écoquartiers. Or, elles représentent une très grande proportion du bâti.

L’atout hydrogène

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Ses partisans mettent en avant qu’il s’agit d’un vecteur d’énergie inépuisable, qui ne pollue pas, dont la combustion dans l’air ne génère que de l’eau, et surtout, qu’il permet de stocker l’énergie, notamment celle fluctuante des éoliennes ou des piles solaires. Ses détracteurs affirment cependant que sa production est énergivore.

Hydrogene

Visionnaire, Jules Verne écrivait en 1875 dans L’Île mystérieuse qu’un jour l’eau serait employée comme combustible . « L’hydrogène et l’oxygène, qui la constituent, utilisés isolément ou simultanément, fourniront une source de chaleur et de lumière inépuisables. ».

L’hydrogène est, pour le moment, utilisé à des fins non énergétiques, hormis pour les fusées. Il est utilisé surtout dans l’industrie :

- chimique et pétrochimique (synthèse d’ammoniac, de méthanol, production de colorants, d’eau oxygénée),
- verrière,
- électronique (puces d’ordinateurs),
- alimentaire (corps gras insaturés),
- métallurgique,
- dans la production de carburants à faible teneur en souffre.

C’est la production d’hydrogène en vue de son utilisation énergétique qui semble avoir le plus d’avenir, que ce soit avec des piles ou des moteurs à combustion interne.

En effet, l’atome d’hydrogène est sous forme d’eau très abondant sur terre et sa molécule est la plus énergétique : 39.4 kwh/kg contre 8 kwh/kg pour le charbon. Un kilo d’hydrogène libère trois fois plus d’énergie qu’un kilo d’essence.

L’hydrogène est ainsi aujourd’hui au coeur des recherches internationales dans le cadre de l’objectif de diversification de nos énergies, plus pour réduire notre dépendance énergétique que pour faire face à une future pénurie en énergies fossiles, et de lutte contre l’effet de serre.

Ses partisans mettent en avant le fait qu’il s’agit d’un vecteur d’énergie inépuisable qui ne pollue pas, sa combustion dans l’air ne générant que de l’eau. Ses détracteurs affirment cependant que sa production est énergivore.

L’hydrogène n’est effectivement pas une énergie primaire, mais un vecteur énergétique produit à partir d’une source d’énergie. Pour le produire, il faut une source d’hydrogène (eau, hydrocarbures, biomasse) et une source d’énergie. La grande majorité de l’hydrogène est produit à partir d’énergies fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon), mais on explore la possibilité de produire de l’hydrogène à partir de sources d’énergies renouvelables ou du nucléaire.

Pour être économiquement viable, la production d’hydrogène doit être suffisamment importante pour permettre un coût raisonnable. L’avenir de l’hydrogène repose donc sur la capacité des chercheurs à améliorer le processus de production.

L’Europe vient de décider d’injecter près de 1 milliard d’euros sur six ans dans la filière énergétique de l’hydrogène. Ce programme a aussi pour ambition de pallier un retard de plus en plus évident vis-à-vis des États-Unis et du Japon, qui mettent les bouchées doubles depuis une dizaine d’années. Aux côtés de la Commission de Bruxelles, qui financera la moitié de cet effort, sont engagées une soixantaine d’entreprises privées et autant de centres de recherche et d’universités. L’ambition est d’ « accélérer le développement des piles à combustible et des technologies de l’hydrogène en Europe », en vue d’une commercialisation de masse « entre 2010 et 2020 ».

De son côté, la France vient d’annoncer qu’elle subventionnera, à hauteur de 68 millions d’euros, le programme de recherche et de développement H2E (Horizon Hydrogène Energie) associant, autour d’Air Liquide, une quinzaine d’industriels et de laboratoires nationaux afin de construire une filière hydrogène-énergie durable et compétitive. L’effort de recherche et de développement se focalisera en particulier sur le développement de technologies innovantes pour la production d’hydrogène à partir d’énergies renouvelables, le stockage de l’hydrogène et l’industrialisation des piles à combustible.

L’hydrogène pourrait effectivement être la clef de l’utilisation des énergies renouvelables, en particulier l’énergie solaire ou éolienne, en permettant le stockage de cette énergie sous une forme chimique pour une utilisation ultérieure.

Les acteurs de la filière ont compris que, pour imposer l’hydrogène comme une alternative énergétique, ils devaient en faire un « vecteur des énergies renouvelables », autrement dit, l’utiliser comme un maillon d’une chaîne d’énergie propre, permettant d’emmagasiner et de restituer, à la demande, les kilowatts (kw) tirés de sources naturelles intermittentes – photovoltaïque ou éolienne. Ce qui effacerait l’un des défauts actuels majeurs de cette filière : le relâchement dans l’atmosphère de CO2 lors de la production d’hydrogène.

Aujourd’hui, on voit plutôt apparaître un marché de systèmes à hydrogène liés à une source d’énergie renouvelable. L’électricité provenant de sources énergétiques renouvelables présente un caractère très fluctuant. Lorsque l’électricité est transformée en hydrogène, elle peut être stockée et utilisée quand c’est nécessaire.

Dans les transports comme dans la production décentralisée d’électricité, les piles à combustible à base d’hydrogène sont extrêmement prometteuses. Les technologies sont là. Leurs coûts ont été divisés par dix en quatre ans. Restent des obstacles économiques et politiques. Le marché de l’hydrogène va décoller progressivement dans les dix ans qui viennent.

Certains prévoient que le marché de l’hydrogène devrait s’ouvrir dès 2011 ou 2012 pour les applications stationnaires collectives. Des systèmes, alimentés par des sources d’énergies renouvelables décentralisées et donc affranchies du réseau électrique, devraient intéresser au premier chef les municipalités, des services publics comme les hôpitaux, certains industriels, ou encore les régions insulaires. Mais ils pourront aussi être exploités par les transports urbains ou les flottes de véhicules captives.

Mais pour que de tels dispositifs arrivent chez les particuliers, il faudra réduire considérablement leur coût (Cf les électrolyseurs et les piles à combustible fonctionnent aujourd’hui avec des catalyseurs en métaux précieux, comme le platine).

Reste aussi à mettre au point un conditionnement maniable, bon marché et sûr, pour un gaz inflammable et explosif (mais il semble qu’en milieu non confiné, le risque de formation d’un nuage explosif soit moindre et que la petitesse de ses molécules lui permette de diffuser très rapidement dans l’air).

De plus, l’hydrogène est un gaz difficilement stockable, car il a une très faible densité à l’état liquide comme à l’état gazeux. Il occupe à poids égal, beaucoup plus de volume que les autres gaz. Sous forme liquide, il offre une bonne capacité volumique mais présente l’inconvénient de devoir être refroidi à une température de -250 degrés, ce qui est trop énergivore.

L’autre atout majeur de l’hydrogène est qu’il propose une énergie pouvant être stockée – contrairement à l’électricité.

De nombreux secteurs de l’industrie profiteront bientôt de cet atout comme l’automobile, l’aviation et la téléphonie mobile.

Nonobstant les limites citées qu’il reste encore à repousser, l’hydrogène apparaît aujourd’hui réellement comme le vecteur énergétique du futur. Il permettra effectivement de concilier la recherche d’une source d’énergie abondante et celle du développement durable, sachant notamment qu’il devrait représenter une alternative sûre au pétrole pour les transports.

Interview dans le WebZine Ecologie Démocrate

ED

Voici les questions qui m’ont été posées dans Ecologie Démocrate

 

 

  • Depuis quand milites-tu dans un parti et pourquoi ?
  • Quel est le sens de ton engagement ?
  • Qu’est-ce qui est prioritaire dans ton engagement en faveur de l’écologie ?
  • Qu’évoque pour toi « l’écologie démocrate » au niveau politique ?
  • Que penses-tu qu’on devrait faire pour promouvoir une conscience écologique chez nos concitoyens ?
  • Quels sont les thèmes qui t’apparaissent prioritaires pour les régionales ?

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